Dans le journalisme, comme dans bien d´autres métiers, le savoir-faire consiste à savoir écrire ou parler conformément à un genre. Dans le cas du reportage, la contrainte de "conformité" au genre est très forte : le journaliste fabrique quelquefois du faux pour faire éprouver du vrai.C´est choquant ! (C´est le droit à l´information !) Mais il y a des professionnels de l´information qui, par le goût du spectaculaire, pour être "le meilleur", oublient parfois le sens de leur rôle et se laissent manipuler.
Les exemples qui suivent illustrent l´affirmation ci-dessus.
À l´occasion de la révolution en Roumanie contre le président Nicolae Ceausescu, en 1989, les téléspectateurs, séduits par les images en direct, parviennent à connaître avec horreur des images d´un "charnier" (lieu où sont déposés ou entassés des cadavres) de victimes de ce dictateur à Timisoara. Mais les cadavres avaient été extraits de la morgue par les révolutionnaires roumains pour tromper les journalistes et éveiller la sympathie pour leur cause. Les journalistes ont montré toutes ces tristes images sans vérifier…
Actuellement, la télévision et le net ont modifié l´administration des conflits. On cache certaines images ou, au contraire, on en montre d´autres. Étant accusée de manipulation dans la Guerre du golfe en 1991, l´armée américaine a simulé habilement, dans la guerre contre l´Irak en 2003, des images de foules manifestant leur joie accueillant les "libérateurs".
Pour arriver à ses fins, les américains ont embarqué au sein de leurs unités combattantes des journalistes qu´ils observaient attentivement de près, pour voir diffusées les images qui sauvegarderaient leur prestige.
Donc gare aux images !
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